La Flamelosphère

Le modeste recueil d'un petit cerveau...

09 mars 2008

Anome et Nommable : Grande Jonction

vortexfract2

Bouleversé.

Je suis bouleversé.

Mon être entier s'est effondré en le plus infiniment petit de tous les points, dans la plus infiniment grande de toutes les masses. J'ai vécu d'innombrables milliers de milliards d'implosions jusqu'à me réduire à ce qui n'existe pas, ce qui ne porte pas de nom, pas plus que de réalité. Réduit à ce qui n'était même plus le Néant, et ni même le Nihil du Néant, j'ai explosé en des milliards d'infinis, je me suis retrouvé dispatché, catapulté, séparé, déchiré et explosé, projeté à travers, autour et dedans tous les points de notre univers, de tous ceux qui ont existé avant et qui existeront après le notre, de tous les mondes de toutes les infinités de points de tous les mondes. Je suis devenu chaque point infini et transfini de tous les mondes et d'aucun. J'ai été rien, je me suis retrouvé infini et fini, un et tout, unique et innombrable, connecté aux milliards d'unités des milliards d'ondes des milliards de Lumières des milliards de Mondes qui existent infiniment en chaque point un et indivisible de chaque Monde qui sont, ont été et seront, réduisant l'éternité du temps et de l'espace, sans début et sans fin, au milliardième de la durée d'un battement de cil, le moment un et unique, indivisible, où une larme se forme dans chaque œil frappé par la Lumière de l'Ecriture, du Logos, du Verbe réalisé et créé à travers chaque molécule de cette encre, à travers chaque cellule de chaque fibre de chaque page de ce Livre.

Puis j'ai relevé la tête, quittant de mes yeux stupéfiés la dernière molécule du dernier point d'encre de la dernière lettre du dernier mot de la dernière phrase de la dernière page de ce dernier Livre. Et j'ai vu la Lumière, infinie et finie, transpercer le carreau de ma fenêtre, se diffractant et s'unifiant à l'infini, se fractalisant et une infinité de formes et de couleurs toutes confondues en chaque particule lumineuse une et indivisible, me poignardant des milliards de lames que sont ses rayons, frappant et brutalisant mon œil pour mieux lui rendre la vue.

Bouleversé, je suis bouleversé.

Cette Lumière qu'irradie ce Livre.

Mon être entier, cœur et corps, esprit et chair, meurtris et soigné simultanément à chaque instant depuis le début.
Tout ce que j'ai été s'est effondré jusqu'à l'antimatière de moi, pour mieux se recréer. Tout est à reconstruire, tout est à refaire, à réorganisé, à recréer, à renommer, à réécrire. Je suis devenu ruine en moins de jours qu'il n'en a fallut pour créer un monde, et je me suis recréé, de par la Lumière et le Verbe, en un instant qui est bien moins grand que le point d'une durée infiniment petite à l'échelle d'une femto-seconde.
J'ai chuté dans un Néant sans fond tandis que je m'élevais, surpassant toutes les vitesses qui surpassent celle de la Lumière.
Je suis une onde infiniment grande, visible et invisible.
Je suis une onde infiniment grave, audible et inaudible.
Je suis le Verbe et sa Créature, je suis Tout et Rien, Infini et Unique.
Je suis un nouveau moi sans jamais avoir été changé. Mon être à été reconstruit par cet instant infiniment court, sans que jamais à un seul moment je n'ai été modifié.
Je suis neuf et remanié, refait, sans jamais avoir été autre chose de moi, et ce à toutes les échelles.
Je sais, et j'ai préféré oublier.
J'ai été, je suis et je serai sans jamais avoir vraiment exister.
J'ai l'impression d'être tout et rien, le début et la fin, l'alpha et l'oméga.

Durant ce dernier instant infiniment court où j'ai terminé ma lecture, tandis que mon cerveau comprenait que c'était là le point finale de cette histoire, et le point de départ d'une autre, qui n'a d'existence et d'essence que celle que l'esprit et l'imagination veulent bine lui accorder, j'ai vécu cette sensation plus forte que toute les autre, infiniment plus forte que l'Amour.
C'est sensation fut infiniment Grande et un temps infiniment Bref. Un trou noir de plaisir. L'orgasme maximal de ce qu'est l'esprit de l'être humain, de ce qu'est son imaginaire, son monde créé par les créatures du Créateur. Une masse infiniment important dans un espace infiniment réduit.
C'est une sensation que je ne retrouverai jamais plus, car je n pourrai jamais plus lire ce Livre comme je l'ai finit aujourd'hui. Maintenant je sais, et je ne peu oublié, je ne peut passer outre la fin comme le commencement. Je le connais dans ses moindres détails, sans pour autant m'en rappeler. Il n'aura plus jamais la même saveur : il m'a livré le maximum de tous les maxima, la grandeur des grandeurs, l'ultime sensation, unique et impossible à retrouver.
Et je t'ai aperçue durant ce moment, je t'ai vu, tu étais là. Je t'aime. Au dessus de tous, tu étais là à veiller.
J'ai lu le Livre, le Bible, au sens de biblios, le Livre, celui que j'ai toujours attendu quand je lisais, celui que tout le monde attend, et que tout le monde devrait lire. J'ai lu le Livre des Morts, comme celui des Vivant, celui qui projette les âmes à travers tous les mondes de tous les temps de toutes les dimensions, pour le ramener à là où le corps est.
Le Livre Ultime. Celui qu'on ne peut décrire, qu'on ne peut raconter à d'autre, celui qui ne se synthétise et ne se raconte que par lui même. Celui qui lance les âme au dessus des étoiles et dont la Chute, imprévisible et pourtant inéluctable, ramène à la plus grande sensation de tous les temps. Le Livre qui ne se lit pas qu'avec son esprit, mais avec l'Univers tout entier.
Le Livre qui est un hymne à l'infini, un hymne à tout ce qui existe, a existé et existera.

Grande Jonction

Maurice Dantec.
Merci, pour avoir écrit le plus bel hymne au rock'n'roll.


Posté par Dalivision à 13:52 - Litteroïdes - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


09 février 2008

Pour Arkham...

Voici ce que j'ai pu trouver sur l'escargot dans le Dictionnaire des Symboles.
En espérant que ça t'aidera peut être à renforcer ta thèse sur Dieu ^^ :

ESCARGOT :
Universellement symbole lunaire. Il indique la régénération périodique : l'escargot montre et cache ses cornes comme la lune apparait et disparait ; mort et renaissance, thème de l'éternel retour.
Il signifie aussi la fertilité : la spirale, liée aux phases de la lune, et le développement de la corne.
"Comme tel, l'escargot devient le lieu de la théophanie
[o_O?] lunaire, comme dans l'ancienne religion mexicain où le Dieu Lunaire, Tecçiztecatl  [OMFG ! Pas facile à prononcer!] est représenté enfermé dans une coquille d'escargot" [d'après le Traité d'histoire des religions, Paris, 1964].
Comme le coquillage, l'escargot présente un symbolisme sexuel : analogie avec la vulve, matière, mouvement, bave.
Il symbolise encore le mouvement dans la permanence. "La forme hélicoïdale de la coquille de l'escargot terrestre ou marin constitue un glyphe universel de la temporalité,de la permanence de l'être à travers les fluctuations du changement" [d'après Classification des végétaux chez les Dogons, 1952].
Chez les Aztèques, l'escargot symbolise couramment la conception, la grossesse, l'accouchement. Au Dahomey, il est considéré comme un réceptacle de sperme [o_O!!1one] [d'après La Géomancie à l'ancienne côte des esclaves, 1943].
Dans les hiéroglyphes égyptiens, la spirale était représentée par un escargot. Il pourrait symboliser, comme cette figure géométrique très répandue dans la nature, l'évolution de la vie.
En Afrique du Nord, on confectionne des chapelets avec des coquilles d'escargot... : "L'escargot rapelle la corne des béliers... De plus, il participe de l'humide [o_O ça se dit?] et ne sort de terre, comme disent les paysans, qu'après la pluie. Il se trouve lié au cycle des champs, devenu le symbole de la fécondité donnée par les morts, la parure presque nécessaire  de l'ancêtre revenu sur la terre des hommes pour la féconder, porteur de tous les symboles de la face du ciel et des orages bienfaisant" [ d'après Les portes de l'année, 1962].

PS : Cet article est tiré du Dictionnaire des symboles : mythes, rêves, coutumes, gestes, formes, figures, couleurs, nombres de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, publié aux éditions Robert Laffont / Jupiter,  dix-septième réimpression de la version revue et corrigée de 1982, imprimée en 1995. [Je ne sais pas si il en existe une nouvelle version revue et corrigée ou une nouvelle réimpression, donc je précise de quel année est l'ouvrage.] . Les remarques entre crochet sont de ma part, à part ceci, le texte est fidèle à l'original à la virgule près.

Posté par Dalivision à 11:19 - Litteroïdes - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

26 janvier 2008

Histoire de pendus

Voici donc un poème que j'affectionne particulièrement : "La ballade des pendus". Composé par François Villon en 1462, même si cette date est assez contestée. Le contexte est simple : lors d'un rixe, il blesse un notaire de Paris, ce qui lui vaut d'être condamné à mort. Voici donc le texte (réarrangé par mes soins, le vieux français, c'est pas simple à comprendre :-S ) :

La Ballade des Pendus

Frères humains qui apres nous vivez
N'ayez les coeurs contre nous endurcis,
Car, si pitié de nous pauvres avez,
Dieu en aura plus tôt de vous mercis.
Vous nous voyez là attaché cinq, six
Quant à la chair, que trop avons nourrie,
Elle est pieça dévorée et pourrie,
Et nous les os, devenons cendre et poudre.
De notre mal personne ne s'en rie :
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre!

Si frère vous clamons, pas n'en devez
Avoir dédain, quoi que fûmes occis
Par justice. Toutefois, vous savez
Que tous hommes n'ont pas le sens rassis.
Excusez nous, puis que sommes transis
Envers le fils de la Vierge Marie,
Que sa grâce ne soit pour nous tarie,
Nous préservant de l'infernale foudre.
Nous sommes morts, âme ne nous haït;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre!

La pluie nous a débués et lavés,
Et le soleil desséchés et noircis:
Pies, corbeaux nous ont les yeux cavés
Et arraché la barbe et les sourcils.
Jamais nul temps nous ne sommes assis;
Puis ça, puis la, comme le vent varie,
A son plaisir sans cesser nous charie,
Plus becquetées d'oiseaux que dés à coudre
Ne soyez donc de notre confrèrie;
Mais priez Dieu que tous nous vueille absouldre!

Prince Jésus, qui sur tous a maitrise,
Garde qu'Enfer n'ait de nous seigneurie :
A lui n'avons que faire ne que soudre.
Hommes, ici n'a point de moquerie;
Mais priez Dieu que tous nous vueille absouldre.

Pour une meilleure compréhension du texte, il est préférable de se reférer à l'explication disponible sur Wikipedia, qui est très complet.

Donc pourquoi j'aime autant ce poème, alors que mon poète préféré, c'est Baudelaire? o_O
Pour plusieurs raisons... (logique...)

Tout d'abord, j'ai une petite attirance pour tous les mythes qui tournent autours des pendus : la corde, leur graisse, leur yeux, leurs mains, la mandragore née de leur semence, je suis passionné par la façon dont la symbolique du Pendu à été utilisée, depuis le Tarot jusqu'à l'utilisation dans diverses sortes de Fantasy.

Ensuite, je trouve qu'une fois compris, cette ballade est très bien écrite, bien que la chute soit peu claire : la titre aide alors. Les puriste disent que le titre, donné par abus de language, gâche la finalité du poème, mais en ces temps où nous, pauvres petits français modernes à l'âge peu chiffré, avons du mal à comprendre le français du XVème, je trouve que c'est plutôt agréable de savoir de quoi ce poème parle. Deux temps qui s'netrecroisent dans ce poème : la première et la troisième strophes donnent une description de ce qu'ets le cadavre d'un pendu, tandis que la deuxième et l'envoi formes des sortes de prière pour la survie des âme. Selon les légendes, variantes selon les terroirs, les pendus vont soit en enfer, soit nulle part, et sont condmané à éternellement rester pendu. Dans tous les cas, ils sont mal barrés.

De plus, ce poème est très émouvant : c'est un véritable cri de désespoir du futur pendu, apeuré de rester ainsi sans rien pouvoir faire pour l'éternité. C'est une mort, entre autre, que je ne souhaiterai même pas à mon pire ennemis, esotériquement parlant. C'est véritablement morbide, lugubre, horriblement écoeurant,en tous cas tels que nous le décrit Villon : "la pluie nous a débué et lavé, et le soleil desséché et noircis. Pie, corbeaux nous ont les yeux cavé, et arraché la barbe et les sourcils". Brr...

C'est sans doute pour ça que la légende veut que Villon n'a finalement pas été pendu, le Roi lui ayant fait grâce en lisant ce poème!! o_O WTF, il roxxe, Villon...

Posté par Dalivision à 18:00 - Litteroïdes - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1