31 janvier 2009
Sélénéïade
Découvrez Moonspell!
C'est fou comme ce soir là j'ai faillit t'oublier. Oublier que tu étais là. Oublier que tu existais et que c'était si réconfortant de regarder la lumière qui se réfléchissait sur toi. Oublier que c'était si bon de voir miroiter les rêves sur ton visage et les Essences dans tes yeux. Oublier que ça me faisait tellement de bien de rester, là, marchant sans savoir où, avançant sans savoir vers, rester là, en mouvement rectiligne uniforme, presque immobile, au fond, dans ce sens; rester là à te regarder, sans que forcément tu me vois, détourner les yeux quand tu tentais d'attraper les miens. Ne rien laisser percer de plus que ce que tu sais déjà; la lumière bleue dont tu irradies révèle tellement de chose, elle a déjà mis à nu tellement de mes secrets, tellement de mes sentiments, tellement de ce que j'ai l'impression d'être, que si elle perçait à nouveau mes pupilles en face à face, j'hésite à savoir quelle monstruosité de ma nature humaine surgirai à travers mes regards, quelle faiblesse de mon coeur ferait céder la digue de mon cristallin. Je ne préfère pas imaginer, si à nouveau tes yeux pénétraient les miens avec toute la pure violence qui est celle de ta lumière pâle, mystérieuse et électrique; si à nouveau cela arriverait, me retrouverai-je avec l'âme aussi nue que le premier jour, aussi dévoilée, agonisante à l'envers, faible et fragile qu'un nouveau né? J'ai préféré esquiver tes regards pour ne pas mourir des millions de fois, pour ne pas voir chacun des photons dont tu contrôlais la danse minutieuse et impalpable comme un petit morceau de miroir qui viendrait me crever et l'oeil, et le coeur, et l'âme.
J'ai faillit oublier combien c'était se sentir bien que d'être ainsi à te voir et à te parler. J'ai faillit oublier combien ta présence m'était indispensable. Combien tu étais la seule source dans le désert aride de la nuit. Combien ton sourire était un croissance d'abondance, une corne resplendissante posée comme l'ultime joyau du diadème que la voie lactée crée en ceindant ton front de Rein de la Nuit. Combien, lorsque tu paraissais pleine et heureuse, tu luisait dans le ciel d'encre comme un joyau ardent du feu bleu de la parole Divine. Une pure énergie, un millier de facette de mystère. Une petite perfection, un diamant dur et pointu et intimidant. J'avais faillit oublier combien tu étais importante, en fait, ce soir là.
Il a pourtant suffit que j'entende prononcer ton nom. Je marchais dans Rouen, et il faisait nuit. C'était l'hiver, et il n'était pas bien tard, pourtant. C'était de ces nuits où très tôt il fait très froid, et très sec. Un vent vient assècher ma gorge que je tente amèrement de protéger de ta fille la Glace et de ton fils le Froid. Je n'avais pas d'écharpe, parce que je n'en voulais pas. J'aimais cette sensation que tes enfants me donnaient, cette sensation de frissonner à chaque instant, comme si j'étais amoureux. Un frisson sans fin, et Dieu sait que j'était amoureux. Il n'y avait que toi à aimer. Je ne pouvais aimer que toi, après tout. Et je marchais en recul, parce que le temps ne pressait pas, après tout. Bientôt, ce serait la fête, bientôt, ce serait la joie dans la chaleur d'une salle, et il aurait fallu rire, et dire des choses amusantes pour que l'ambiance reste bonne, et boire un café, ou deux, et peut-être une bière si l'occasion de présenait. Et il aurait fallu ensuite rire à nouveau, et jouer, et s'amuser, et faire ainsi, parce que c'est ainsi que la vie fonctionne, quand tu n'es pas là, c'est surtout parce que, je suppose, c'est ainsi qu'elle DOIT fonctionner quand tu veilles. Alors le temps ne pressait pas, je n'avais pas hâte de devoir rire et boire et m'amuser. "Lord knows" que ce n'est pas en ces choses que j'ai jamais réussis à me concrétiser en moi même. Alors, je marchais la tête baissée, parce que je ne savas pas à quoi penser. Je cherchais dans ma tête des doigts sur des frettes et sur des touches noir et os; je cherchais des tubes d'acier vrombissant et des disque de métal et de bois percutant; je cherchais des roseaux vaporeux et des balalaika éthérée, des mandolines sautillante et des bouzoukis mystérieux. Et je ne savais pas quoi penser, parce que je ne t'avais pas vue.
Mais il a fallu que j'entende prononcer ton nom. Par qui? Je l'ignore. Sans doute était-ce la voix d'un homme, je ne sais pas, je ne sais plus. Mais il a résonné et tourné dans ma tête, et chaque idée à vibré et s'est inclinée devant ton nom prononcé comme un choeur des Anges. Chacune s'eclipsa, et, pour ne pas se courber, ma tête se leva et te vit. Et me pupilles se dilatèrent, et mon coeur battit plus fort que ne pouvais le supporter mes tympans, et mes lèvres tremblèrent, brûlante de hurler ton nom, quand je te vis. C'était pourtant tellement evident que de là haut dans le ciel, tu dominais et régissait mon être entier, toi dont je n'ai pas dis le nom, de peur de me brûler la langue et de voir mes lèvres tomber en éclat de cristal comme du verre brisé. Je t'ai simplement vue. Je t'ai observée, un long moment, et j'avais largement oublié où mes pieds me menaient, et qui étais là. Il n'y avait plus que toi. Toi, et toi seule. Toi et ton croissant de sourire, nacré, précieux, illuminant mes pupilles jusqu'à m'en rendre aveugle. La lumière que les ténèbres n'avaient pas saisie. Et il n'y avait finalement, je suppose, que toi ou moi pour savoir combien de souvenirs tu me rappelais, à combien de limbes et combien de déception, mais aussi combien de sentiments et combien de sensation tu me renvoyais quand tu livrais au ténèbres de la nui ce croissant lumineux et souriant que tu dessinais dans le noir.
Et puis, j'ai vu.
Je pensais que le ciel était alors noir, très noir, au dessus de ma tête. Et bien que les lumières de la villes fussent des chiens tenus en laisse aboyant après la douce et rassurante obscurité de la nuit, elles n'ont pas réussies à cacher à mes yeux l'étoile que tu couvais sous ton sourire. L'étoile était petite, mais très brillante. Une sorte d'éclat lumineux, une touche finale sur un pointe de ton diamant nocturne. Un cadeau que j'ai cru sur l'instant que tu me faisais. Et finalement, j'ai réalisé.
Ce n'était pas moi que ton croissant de sourire cherchait; ce n'était pas pour moi que tu brillais de tous les feux des yeux de Dieu. Ce n'était pas pour moi. Si a un seul moment, tu avais cherché mon regard, peut-être était-ce pour avoir le plaisir et la joie de me percer à nouveau, comme un ami que l'on scrute, et pour qui on s'inquiète, juste le temps de s'assurer qu'il est toujours là près de nous, puis qu'on quitte pour d'autre horizon après s'être assuré qu'il était bien là où on l'avait laissé. Ta lumière était braquée toute entière sur cete petite étoile qui était bien belle, dans le fond. Il m'a même semblé qu'il n'y avait qu'elle qui brillait dans le ciel; négligeable devant ta splendeur, méritante devant son effort. Elle était jolie, elle était nette. Sa lumière semblait douce à ton sourire, sa lumière senblait t'attirer, et mes yeux te voyais sans cesse te déplacer vers elle alors que le temps te faisais toujours suivre la loi horaire et attractive qui faisait se confondre vos deux lumières en une seule. Si bien que je ne savais plus d'où venait vraiment la lumière. De toi, joli croissant? D'elle, l'astre que tu avais choisi? Ni vers qui et pour qui elle se dirigeait. Vouliez vous vraiment, vous, la Lune et l'Etoile, m'éclairer moi de toute votre lumière pour me montrer tous les chemins et me laisser dans la souffrance du choix et de l'indécision? Ou, simplement, n'existiez vous plus que pour vous, Lune et Etoile, Etoile et Lune, Croissant de Lune et Lueur d'Etoile, Lueur de Lune et Croissant d'Etoile, et irradiiez vous la nuit entière des feux qui sont les vôtres?
Alors j'ai détourné la tête, Lune. Pardonne moi, mais tu m'éblouissais trop. J'ai baissé les yeux, j'ai rabattu mes paupières, j'ai courbé mon échine, j'ai allongé mon pas, et j'ai rejoint la troupe qui avait maintenant pris bien de la distance. Il m'aait semblé que tu étais aussi loin de moi qu'eux l'étaient. Qu'ils étaient à des dizaines de secondes lumières, tout comme toi, Lune.
Et quand nous sommes revenu, j'ai tenté de relever les yeux. J'ai essayé, je te le jure, Lune. Mais ton croissant avait tourné un peu, et la lumière était plus fort alors que la nuit, comme le temps avançait, était plus noire. Alors, j'ai cherché celui qui te transmettrait un message de mon coeur vers ton Croissant.
J'ai posé mes yeux sur la flèche de la Cathédrale, et j'ai prié. Prié pour la Lune.
Parce que je trouve qu'on ne prie pas assez pour la Lune.
La Lune.
La Lune.
La Lune.
Tableau : Elemental Moon - Richard Sardhina
18 janvier 2009
Un rêve.
Découvrez Depeche Mode!
J'étais assis, assistant au bord de la Cène.
Du pain, pour le corps.
Avoir mal. Mal au ventre, mal au coeur, s'écoeurer physiquement. Sentir la pointe des doigts qui chauffe, qui brûle, qui grésille, respirer son odeur de chair brûlée, de cendre en devenir, de poussière à la poussière; en savourer la lente disparition des traces de soit, de son identité; savoir que les spires fondent, que Phi y perd sa valeur, que les spirales deviennent des amas de chair alors ramollie, rougie, puis bientôt méconnaissable et anonyme. Y perdre son identité. Y prendre plaisir. Perdre son nom. Se perdre soit. Devenir fou. Laisser partir avec la fumée les bribes de l'histoire et n'en conserver que des souvenirs incertains bien que détaillés. Faire de la mémoire-mensonge un mensonge cru. Y croire, faute de mieux, et regarder les dix petits moignons s'agiter maintenant, frétillant comme des alevins sortis hors de l'eau. Savoir que le corps sait qu'une partie de lui ne respire plus, s'étouffe, s'enfumme et suffoque. Y prendre plaisir. Sentir ses pupilles se dilater sous la douleur, sentir le cerveau qui hurle à l'arrêt, sentir qu'on a mal, et avoir mal. Sentir ses cheveux et ses poils s'hérisser, que Dieu, si il est là, puisse plus facilement les compter. Sentir le corps entier trembler de désespoir devant la folie passagère qui emporte avec la poussière de peau l'identité et le Nom. Sentir la Loi du Nom qui se brise.
Comprendre, inspirer, expirer.
Oxygèner son petit cortex.
Comprendre, inspirer, expirer.
Avoir mal, et souffrir atrocement.
Comprendre, inspirer, expirer.
Se rendre compte que c'est de la folie, qu'il n'y a plus de retour.
Comprendre, inspirer, expirer.
Retirer ses doigts. Avoir mal. Sentir l'endorphine couler avec son sang.
Sentir. Du pain pour le corps.
Du vin pour le sang.
Le sang afflue, le sang refflue. "Barat Mae, Barat Sekh". Il emporte avec lui toutes les essences de ma tête, tous les distillats de mes pensées. Il les diffuse, il les transporte. Il transpire de ces alcools, il s'enivre de ces liqueurs. Il les conduit vite, trop vite, trop violemment, trop fortement. Les vapeurs s'entrechoquent et me martèlent l'esprit. Le sang cogne fort dedans ma tête, et ne demande qu'à fuser en des milliards de geyser vermillons et écarlates. Le sang veut sortir. Il bouillonne de respirer. Il vout de rage et violace mon front, fait gonfler mes tempes, fait saillir mes veines. Il me met à fleur de peau, tel qu'une cheveux pourrait en couper la surface et faire exploser mon crâne tout entier s'il venait à me frôler. Mon sang hurle, mon sang crie, mon sang espoir, mon sang artifice, mon sang cause, mon sang moi.
Mon sang elle.
Mon sang ce que je suis.
Mon sang veut voir dehors. Mon sans veut m'asperger comme si mes artères étaient des lances à incendie qu'il veut pointer dedans mes yeux. Il veut rougir mes pupilles, et si ce n'est la vie en rose, il veut me faire voir la vie en rouge. La vie en colère, la mort en rage. Il veut me rendre rouge de colère et de frustration, il veut m'éclabousser horriblement et faire de mon corps tout entier la Cène de tous les crimes. Mon sang veut m'asperger. Mon sang veut faire de moi une masse de chair sanguignolente, respirant l'alcool des principes sans gloire et des combats sans cause, puant l'odeur nauséabonde de la mort des rêves et de la naissance de la réalité, exhalant, nonchalant, les vapeurs d'encensoir de mes Idées, transpirant l'Essence des mots. Mon sang veut briser la Loi du Nom, et l'emporter avec lui comme une rivière emporte la digue.
Comprendre, inspirer, expirer.
Mon sang ne veut plus faire qu'un tour.
Comprendre, inspirer, expirer.
Mon sang tourne comme du lait.
Comprendre, inspirer, expirer.
Il tourne trop vite, trop fort, trop violemment.
Comprendre, inspirer, expirer.
Mon sang veut me montrer comme le vin de la vie est salé.
Gouter. Du vin pour le sang.
Du sel pour les pêchés.
Ils forment des calculs qui obstruent mes oreilles et mes yeux. Ils s'agglutinnent et forme un mur blanc et laiteux qui font cataracte au vision que je reçois du monde. Ils se cristallisent et forme le bouchon qui perverti les sons à mes oreilles. Ils se rassemblent pour me meutrir les dents qui voudraient croquer la pomme de la pleinitude, celle qu'on m'a interdit, le fruit qui pousse sur l'arbre qu'on m'a interdit de toucher. Ils s'éparpillent sur le globe et fausse la texture que je touche avec mes mains. Ils forment une corolle sur mes narines et l'odeur d'iode, de chlore et de sodium prend le dessus sur tous les parfums qui hantent l'atmosphère que je respire. Le sel. Les pêchés. C'est ma bile, c'est ma salive qui s'évapore, c'est mon sang qui sèche et s'écaille comme la croûte de ma bétise, qui lui permet d'exister.
Le sel est venu de ma colère contre mon incapacité à réaliser tout ce que je voudrais pourtant tellement. Le sel est venu de la frustration de ne pouvoir rien faire comme il le faut, de n'écrire que des mots imparfaits, de ne créer que des liens trop faibles, de ne dire que boue, de ne créer que du gris et jamais de coloré. Le sel est de ma colère.
Le sel est né de la façon dont j'envie les autres. Le sel est né de cette bêtise que j'ai de ne considérer que les bons moments que peuvent passer les autres, et à chaque instant les envier pour le bonheur qu'eux mérite, tandis que goûtant la plainte, je ne fais rien pour mériter rien. Le sel est de mon envie.
Le sel est créé par le désir charnel que je ne considère que trop. Le sel est créé par mon idiotie à ne m'arrêter parfois qu'aux corps et d'imprimer dans le sel devant mes yeux les images de ces jeune filles trop belles, trop ravissante, trop jolie, trop évocatrice, pour pouvoir m'appartenir. Le sel est né de l'absence de corps à mes côtés, de l'absence de fusion dans la chaleur moite, de l'absence de parfum de cheveux vanillés au réveil, de l'absence de sucre sur l'absence de peau à embrasser. Le sel est de ma luxure.
Le sel est puisé dans mon anti-motivation. Le sel est puisé dans cette espèce d'amorphisme ventripotent qui régit mon caractère, et me pousse à toujours considérer l'effort comme absurde, au dessus de moi. Le sel est puisé dans la paresse que j'ai à réaliser les projets, peut-être justifiée à tort par mes lamentations vaines et sans raison aucune. Le sel est de ma paresse.
Le sel est extrait de ma gourmandise. Le sel est extrait comme une huile de cette façon que j'ai de vouloir tout et encore plus à tout instant et encore plus. Le sel est extrait de cette noix immense et rasasiante, de cette mâne céleste que j'attend paresseusement sans savoir que si je la goûte, je meurt, et si je ne la dévore, je m'y perd, et si je la digère, je peut être au dessus de Dieu. Le sel est de ma gourmandise.
Le sel est emprunté à mon avarice. Le sel est emprunté à cette façon que j'ai de ne jamais dire de mot gentil pour rassurer les gens, pour leur faire plaisir. Le sel est emprunté à mon avarice de gentillesse, à mon avarice d'intelligence... Avarice? Encore faudrait-il qu'il y ait gentillesse et intelligence pour pouvoir en être avare. Le sel est de mon avarice.
Le sel est engendré par mon orgueil, au final. Engendré par cette idiote fierté, par cette voie que j'ai d'être imbu de ma personne, à cet honneur ridicule qui n'a de toute façon plus aucune valeur au jour d'aujourd'hui, et n'en a d'ailleurs sans doute jamais eue que dans les esprits des orgueilleux. Engendré par ces envies de panache, ces envies de théatral, de grandiose, de gigantesque, de noblesse de coeur et de noblesse d'esprit, qui sont des rêves aux antipodes de mes actes. Le sel est de mon orgueil.
Comprendre, inspirer, expirer.
Le sel est de ma colère, le sel est de mon envie.
Comprendre, inspirer, expirer.
Le sel est de ma luxure, le sel est de ma paresse.
Comprendre, inspirer, expirer.
Le sel est de ma gourmandise. Le sel est de mon avarice.
Comprendre, inspirer, expirer.
Le sel est de partout de dedans mon orgueil.
Orgueil. Du sel pour les pêchés.
Comprendre, inspirer, expirer.
Du pain pour le corps que je torture à tort.
Comprendre, inspirer, expirer.
Du vin pour le sang qui me transcende.
Comprendre, inspirer, expirer.
Du sel pour les pêchés qui m'assèchent et me vident de mon eau.
Un festin de pain, de vin et de sel.
J'étais noyé, assistant au fond de la Cène.
Tableau : La dernière Cène - Salvador Dali
17 janvier 2009
16h20
Découvrez MGMT!
Cela fait du bien. De retourner sur scène, enfin. Même pour un court moment. Pour pas grand chose. Pour dix petites minutes. Mais pendant ces dix petites minutes, revivre. Respirer, enfin. Se donner à fond, sans regret, sans relâche, pour le plaisir. Dix minutes de plaisir gratuit, parce que ça fait du bien.
Dix minutes partagée avec 6 autres personne. Dix minutes importante dans le fond. Pour certains, une découverte plus intime, une exploration. Pénétrer dans un coin de leur esprit que je connaissais peu. Ce n'est pas du viol de l'esprit. C'est du don. De la vulnérabilité totale de soi, parce qu'on retire toute ses protection. Et accepter pendant un temps d'être à nu, réel, enfin, faute d'être.
Pendant dix minutes, se débarrasser de la carapace de la tortue. Retirer ses écailles, se mettre sur le dos. Gesticuler dans le vide, mais pour de bon, réellement sans intention. Pendant dix minutes, laisser par terre les armures de plates qu'on s'est forgées avec des visages, envoyer au loin dans la mer les cottes de mailles qu'on s'est tissé avec le tissu pensif, planter l'épée du langage, poser les fléaux de la vie, les masses de méchanceté, enterrer la hache de guerre. Dix minutes de paix intérieur, de communion.
Dix minutes d'être soit même, enfin. Dix minutes pour être Dieu, avec d'autres. Dix minutes pour créer du sentiment. Dix minutes pour oublier les écrits, le langage, et juste communiquer l'essence même de l'émotion. Dix minutes de flux de pensée pur, d'échanges terribles et effrayant avec des personnes qu'on ne connait pas. Dix minutes où la musique se fait le vecteur torrentiel d'une pensée et d'émotions tellement puissantes, que si la musique n'est pas l'Essence, alors peut-être en est-elle l'incarnation la plus pure, car pendant ces dix minutes, si elle n'était pas pure comme une idée, elle était pure comme la suggestion de tout et de tellement qui m'a dépassé. Dix minutes plus fortes que les autres minutes. Dix minutes d'explosion. Dix minutes de petite mort. Dix minutes où, si ce n'est les autres, je me suis oublié pour me fondre.
Dix minutes derrière ce que je suis vraiment. Dix minutes à n'être plus que bois, métal et peau. Dix minutes d'être cette épouvantail musicoman et mélancolique, puissant, qui n'est arrêté par rien. Dix minutes d'osmose, finalement, avec les fûts, les cymbales, les baguettes, les coups, les dômes, les sons, l'acier des cordes, l'acidité et la métamorphose des ondes, la beauté des musiciennes comme des muses venues aposer un baiser doux et sucré sur la joue de ce nouveau-né, venue respirer en haletant de plaisir l'odeur musquée et chaude, tendre, de la musique, la beauté des voix, le soleil éclatant et cristallin d'une flûte, la gravité mélancolique et sage d'un violoncelle, la vibration de tout un monde dans un monde, et d'une vie dans une vie, et d'un temps dans un temps. Dix minutes.
Et seulement dix minutes, malheureusement...
Pourvue qu'on se la refasse... Plus longtemps. Ne jamais s'arrêter. Que rien ne nous arrête. Qu'on ne fronce plus les sourcils devant la vie qui n'est pas la musique, mais la permet.
Et d'enchainer dix minutes de ces dix minutes, encore et encore. Jusqu'à se fondre dans l'air, se fondre dans l'Essence. Ne plus être qu'Essence, que Distillat, que Liqueur de l'Idée.
Euterpe, je t'aime.
Tableau : Une voix d'outre-tombe - Salvador Dali.
11 janvier 2009
Leibniz, va te faire foutre.
Découvrez Dream Theater!
Une jeune lycéenne de Rouen qui poignarde chez elle sa copine et l'achève à coup de marteaux, puis la cache sous les draps de son lit, pour une histoire de mec.
Un père qui tue sa femme et fout le feu à sa baraque en y laissant s'embraser ses trois enfants.
Des violeurs qui courent toujours, tout comme d'autre psychopathes, autres échappés de l'hopital psychiatrique, et cela n'est jamais la faute de personne. Tout comme la perte, volatilisation-disparition de détenus pendant un transfert de prison.
Quelques milliers de soldats bloqué dans un pays d'Asie mineure, faute d'argent pour les rappatrier. On trouve quand même celui qui sert à en renvoyer sur le front. Pour une histoire de pétrole qui vaut comme se battre pour de la fumée dans le vent.
Quelques autres milliers de personne qui ont simplement voulu revendiquer une part du territoire qu'ils habitaient lorsque d'autres sont venus réclamer cette terre et que, devant comme un enfant pourri gâté, on leur a cédé, qui subissent cette fois-ci une attaque juste un peu plus massive que les autres. Ce n'est pourtant pas le premier assaut qu'ils essuient, ce ne sera sans doute pas le dernier. Bizarrement, c'est seulement maintenant que les peuples réagissent, tandis que les grandes organisations, sous le prétexte officieux (et il faut là bien constater sans jugement, seulement constater et accepter la vérité) que la communauté qui agresse s'est "diasporée" dans pas mal de pays et y possède maintenant une certaine partie non négligeable du commerce; les grandes offices ne semblent pas remarquer cette petite agitation de quelques centaines de morts en prévisions. Ce n'est pas grave, ce n'est pas encore assez pour un génocide.
Ce qui ne les a pas empêché, parce que ça semblait au goût du jour et à la mode, d'aller condamner un aute "génocide" dont habituellement, oh chose incroyable, on ne parle jamais, dans un autre très grand pays. C'était sans doute histoire de faire bonne figure, la figure du "Je ne suis pas d'accord, non mais! Ce n'est pas très très gentil!". Pourtant, aujourd'hui, on en entend plus vraiment parler. Ce n'est pas pour autant que la minorité religieuse ne se fait plus massacrer. Non, c'est parce que le pays est l'avneir économique. Il ne faut pas froisser l'avenir, où les politiciens se retrouveront dans le fossés. Mieux vaut taire la réalité, c'est mieux.
Ce qui est d'ailleurs assez facile, puisqu'il est encore un des nombreux (oui, nombreux) pays dans lesquels ils faut passer par une commission de censure pour pouvoir publier un article, qui au final, vous fera dire tout le contraire de ce que vous pensez. Histoire de dire du bien de votre pays. Génial.
Sans parler encore des multiples voitures, chaises et autes colis explosifs qui doivent sauter un peu partout en amérique du sud, en afrique et en asie mineure. Mais c'est devenu tellement banal, un accident qui fait entre 10 et 100 morts dans un pays paumé et pauvre, qu'au final, la mort du chien de Paris Hilton doit donner un article quatre ou cinq fois plus long. C'est vrai qu'un chien de petite pétasse qui meurt, c'est horrible et triste. Dieu que c'est triste. "41 morts dans un attentat à la voiture piègée" fait office de tout petits caractères au bas du contrat.
Ce qui pourtant n'empêche personne de pleure larmes et larmes sur la mort d'un garçon qui n'a rien demandé, jsute de quoi être soigné un soir de Noël, et qui s'est retrouvé avec une chose bien étrange dans les veines qui lui a voilé les yeux pour un long moment. Attardons nous sur cette tragédie ignoble et poignante, laissons crever les autres innocents.
Ensuite peut-être faut il se poser la question de la maltraite des animaux qui servent d'appâts au requins. Mais bon, ce sont des animaux, hein, ils ne sont pas "purs" comme nous les êtres humains. Des animaux morts qui en attirent d'autres, c'est une question animale, pas humaine. Bien sûr.
Quand aux multiples auteurs qui se bouffent entre eux pour des pinailleries, les "intellectuels" qui débatent sur si oui ou non "Maurice Dantec est un sale sioniste islamophobe" alors qu'il y a sans doute mieux à foutre que disserter sur la pensée de quelqu'un (qu'elle soit condamnable ou non); la télévision qui siphonne un peu plus notre zone corticale et deviens de plusen plus niaise, à un point que les émissions digne de visionnage sont classée parmis les "emissions pour vieux intellos"; la musique qui va mal, très mal : l'or, trempée dans la merde, à beau être de l'or : recouvert par l'excrément, il devient difficile à trouver, encore plus à saisir, impossible à percer.
Je ne m'attarde pas sur le cas de la planète : nos aimable politiciens qui nous promettent toujours un monde meilleurs quand on se sera réveillé de note vilain cauchemar, ils s'en occupent très bien, à ce que j'ai cru entendre. Si nous faisons tous des efforts, nous ne serons infiniment pollués et inondés qu'en 2070. Génial!
Je m'attarde,je m'attarde. Je dis n'importe quoi, sans aucun doute. J'exagère, mais si personne n'exagère, qui le fera? Si on ne fait pas de gros plans absurdes, qui verra?
J'en ai marre de me battre tout seul dans mon coin contre du vent. J'en ai assez d'agiter les bras comme un forcené au milieu de la foule pour tenter de repousser la fumée. Je suis las, las, las. Là, je suis las. Las de hurler intimement et en vain contre toutes ces conneries qui au finale sont aussi absurde, insignifiante et totalement ininteressante, inessentielles, que ma propre vie. A l'échelle de ma vie, tout cela n'a réellement aucune importance. Je serais mort bien avant la montée des eaux. Les bombes ne m'atteignent pour l'instant pas. Je ne suis pas ce gamin avec une dose de poison légalement administrée par erreur, je ne suis pas ce père pyromane ou son gamin qui a vu frères et soeurs mourir flambés et coulant, fondant comme un caramel sanguin et ignoble, plongées dans la puanteur âcre de la mort qui brûle partout autour de lui, bercés dans sa chute vers le sommeil éternel par les cris d'agonies et déchirant mouillés de larmes vite évaporée des chairs qui lui ressemblent. Je ne suis ni l'agresseur, ni l'agressé. Je ne suis ni le bourreau, ni la victime. Je suis les deux. Je suis l'héautontimorouménos. Je suis mon propre bourreau, ma propre victime. Il n'y a que moi pour me faire du mal. La planète peut bien crever la gueule ouverte, je ne serais pas là pour y assister, et une fois mort, que les restes décomposés de mon cadavre partent en poussière d'étoile en 20100 ou en l'an 5000, peu m'importe. Je n'en ai cure. De toute façon, cette planète peut bien crever la gueule ouverte, qu'est-elle pour l'univers? Rien. Un grain de beauté. Un cheveux qui tombe. Un ongle qui se casse. Un peau qui pêle. Absolument rien d'inquiètant ni d'essentielle. De la poussière. Même pas de la poussière. Un rien du tout, un atome d'univers. Cette terre n'est rien à grand échelle, cette terre n'est rien à mon échelle, tout comme cette humanité.
Pourtant, il y a bien des éléments de cette humanité qui m'importe. Il y a bien des aspects de cette planètes qui importent à d'autre que moi. C'est une question d'échelle. Une échelle de temps et d'espace. Mais sans moi. J'en ai plus qu'assez de nager à contre courant et de hurler dans le vide. Assez de lever mon poings vers le ciel pour ne me sentir qu'idiot. Assez de pleurer devant la connerie humaine en sachant pertinnemment que tout ce que j'écris, tout ce que je fais, tout ce que je dit d'ailleurs, et les mots de mon discours comme l'idée de mon discours, tout cela n'a aucune importance majeure, tout cela n'a aucune valeur. Tout ce que je crée, tout ce que je peux détruire. Rien n'importe, rien ne compte. Rien n'a de valeur, rien n'a d'importance. La vie est absurde, le monde EST absurde.
Je suis fou. Le Monde est fou.
Non, vraiment. Parfois, Maud, j'aimerais partager ton optimisme, ta joie de vivre, ton amour de l'humanité. Au moins celui que tu fais transparaitre et que tu m'infuse à chaque fois que je te parle. C'est bien les seuls moment où je contredis le seul vrai discours que j'ai jamais adopté.
Merci pour ça. Merci.
Tableau : Hypercrucifixion, ou "Corpus" - Salvador Dali








