La Flamelosphère

Le modeste recueil d'un petit cerveau...

23 novembre 2008

Le Cauchemar de Darwin


Découvrez Dream Theater!

DaEnfGeo   


    Il semblerait vraiment que l'être humain soit un paradoxe plus interessant que je ne le pensais, en fait. Et qu'en est-il de tous ces gens qui chaque jour se souviennent, rappellent, pensent, croient, en la théorie de Darwin? Celle de l'évolution. Mais est-il vraiment besoin de la rappeler? Pourtant, les gens semblent vraiment oublier la base de cette théorie : l'inovation comme erreur génétique survenue par hasard. Autrement dit, la valorisation et la culture de la différence.
    En fait, l'Homme prône cette théorie et se jette à corps perdu dedans, voudrait-il nous faire croire. Pourtant, il est assez étrange de voir qu'alors qu'autrefois on était face à une discrimination ouverte, où les gens écrivaient très lisiblement : "Je ne l'aime pas parce qu'il est différent", le discrimination d'aujourd'hui est bien plus vicieuse et sournoise que je ne l'aurais pensé. Au nom de la tolérance, on bride toutes les différences. Au nom de l'égalité, on ne cultive plus la différence que sous un jour hypocrite. Au nom du droit, les majorité estime que la minorité différente doit avoir accès à la 'normalisation'.
    Les handicapés, qu'ils soient physiques ou mentaux, par exemple. Regardez bien la télé. Ecoutez bien la radio. Ecoeurez vous bien. Le discours tenus ces derniers temps, ces quelques dernières décennies, la voilà, la nouvelle discrimination : "Eux aussi ont le droit de vivre comme des gens normaux". Autrement dit : "Il ne faut pas les reniers parce qu'ils sont différents. Pour ce fait, nous allons tenter de les "normaliser" pour qu'ils soient acceptés". Oui, sujet épineux. Oui, débat épineux. Oui, thème délicat  à traiter. Mais que l'on m'explique la différence entre abbattre une différence par une arme à feu comme certains ont tenté de le faire lors de la longues période de l'esclavage, et abattre une différence à coup de voilage de face : "Faisons comme s'ils étaient normaux! Que ceux qui (malgré eux, ils ne l'ont jamais voulu, et qu'on ne vienne pas dire que je les prend de haut : ils n'ont pas eu de chance, et cela me désolé) possède un retard mental conséquent soient mis dans les mêmes classes que les gens normaux! Que l'ont fasse comme si ce retard mental n'avait jamais existé!". Ce que je critique, ce n'est pas les mesures qui sont prises pour leur faciliter la vie : il faut les aider, et j'en suis conscient. Ils ont le droit à des recherches pour une vie plus facile, ils ont le droit à la recherche pour que ces maladies arrivent moins souvent, ils ont le droit d'être aidé. Mais ce que je critique très ouvertement, c'est cette envie de rendre "normaux" des gens qui, et mes paroles seront peut-être crues et indigestes pour certains quels qu'ils soient, cette envie de rendre "normaux" des gens qui sont effectivement différent et pas comme nous.
    Insurgez vous contre moi, considérez moi méchamment. Mais que l'on place un enfant de cinq ans qui sait parler plutôt bien devans quelqu'un de différent, et il constatera la différence dans sa plus pure innocence. Quand l'innocence constate, peut-on la blâmer?
    Cela m'insurge presque autant que l'on dise que quelqu'un est noir. Où est l'insulte lorsque je dis "c'était un noir" ou "c'était quelqu'un typé maghrébin". Très honnêtement, où est le mal? Constater, est-ce critiquer? Enoncer un fait, est-ce être raciste? Dire d'une personne trisomique qu'elle est trisomique, est-ce porter un jugement de sale connard inhumain?
    C'est comme ces gens aigri qui se mettent en colère quoi qu'on fasse. C'était un jour que ça m'était arrivé, dans la rue. Un mendiant était là à faire la manche, et je suis passé. Oui, je suis passé, ne vous en déplaise. Cet homme me peinait, certes, mais que pouvais-je bien faire? Si je donnais à lui, je me serait senti coupable de ne pas donner aux autres, qui sont plutôt nombreux, il faut l'avouer, dans le centre ville de Rouen. Quitte à me sentir coupable, autant l'être pour quelqu'un chose d'entier. Pourquoi lui plus qu'un autre? Je n'étais pas apte à juger qui jouait la comédie, qui était sincère, qui le méritait plus qu'un autre. Le fait est qu'il m'avait copieusement insulté de "sale petit bourge égoiste". Qu'à cela ne tienne, les comptes en banques de mes parents sont toutefois assez régulièrement dans le négatif, mais bon, disons qu'l avait raison. Est-ce une raison toutefois pour insulter la bonne dame, qui, pour je ne sais quelle raison, lui avait donné sans doute une pièce, et ce à quoi il a répondu : "de toute façon vous avez pitié de moi, vous me prenez de haut, allez-y, soulagez votre conscience de bourge!". Mais cela doit être partout pareil dans bien des domaines, la liste serait sans doute longue, handicapés ou pas, dans le besoin ou pas, de quelque nationalité que ce soit, il y a toujours des cons.
    Alors, pour faire attention à mes mots et ne rien dire qui ne soit pris de travers, où est la liberté dans l'égalité? Pourquoi vouloir normaliser des gens, pourquoi vouloir faire semblant que leur différence ne sont pas là, quand elle le sont?

    L'humanité ne peut plus évoluer, pas comme cela, pas dans cette mentalité. En jugulant la nouveauté, ou bien génétique, ou bien technique, en étouffant au berceau la différence, en tentant de maquiller tout ce que "les autres" ont de "différent", comment donner une chance à cette inovation de faire son chemin dans un monde où tout doit être pareil? On prône la tolérance, mais prôner l'égalité, comme je le vois aujourd'hui dans le monde, ce n'est plus vraiment prôner la tolérance. Où est la tolérance, quand on veut que tout soit identique? Non, la société Hercule tente d'étrangler les serpents Différence et Autre entre ses poings de bébé insensé. Et à côté de cela, elle nous réalise de superbe fiction sur des mutants aux pouvoirs extraordinaire, sur des hommes du futurs au cerveau superdéveloppé, sur des extra-terrestres belliqueux refusant notre espèce. Mais au fond, nous sommes bien les extra-terrestre qui nous refusons. A ce rythme, avec une telle notion de la culture de la différence dans la tête, la société humain est loin de devenir forte comme Wolverine et les X-Men, loin d'être intelligente comme les Mentat de Dune, loin d'être aussi mignonne que E.T.
    A noter également que avant l'être humain, selon Darwin, les espèces étaient selectionnées selon celles dont les anomalies étaient mieux adaptées au lieu de vie. Mais à quel milieu, à quel environnement, pouvons nous encore nous adapter? L'homme, depuis son apparition, n'as cessé plutôt d'adapter son envirronnement à son mode de vie. C'est plutôt la nature qui devrait être en voie d'évolution. La nature qui doit évoluer pour resister à l'homme, son prédateur. Alors que la nature faisait la vie dure aux espèces, l'homme fait la vie dure à la nature.
    Si l'évolution de l'homme doit donc arriver, si les mutant superpuissant doivent apparaitre, il n'y a aucun doute sur le fait qu'il n'apparaitront jamais dans les société riches, où les moyens financier permettent les moyens techniques d'adapter la nature aux besoin de l'homme. Non, ils apparaitront dans les tribus amazoniennes, sahariennes, polaires, là où l'adaptation est absolument necessaire pour résister.
    L'être humain souhaite une évolution, la veut, "pour voir ce que ça fait". Mais comment oser prétendre à l'espoir d'évoluer sur les 8000 ans de civilisation humain, alors qu'une évolution, elle, se mesure à la centaine de millions d'année? Et on voudrait me faire croire que c'est en l'an 3000 qu'apparaitront les surhommes...
    Non, l'humanité n'est vraiment pourl l'instant pas prête d'évoluer, ne vous ne déplaise.

    C'est réellement absurde de faire appel à la théorie de la différence souveraine dans un environnement hostile, quand on voit que la seule hostilité est de vouloir faire les choses à l'envers, quand on voit que la différence n'est là chez l'être humain que pour être immédiatement bridée et "normalisée".

   Rien n'a changé. Sans doute rien ne changera avant un bout de temps.

    Dommage.

Tableau : Enfant Géopolitique observant la naissance de l'Homme Nouveau - Salvador Dali


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15 novembre 2008

Gare (à qui, à quoi?)


Découvrez Scorpions!

0324   


    Je savais que cela ferait plaisir à ma très chère Maud, qui en réclamait un nouveau. J'ai donc pensé vendredi soir à un petit poème de bus/gare. En même temps, cela faisait un petit bail que je n'avais pas écris ici. Manque d'inspiration, manque de force, manque de motivation, manque de tout. Plus vraiment de volonté, sauf celle de dormir.
    Faut avouer que le week end ne me réjouit pas vraiment, et n'est pas pour me motiver. La semaine n'est déjà pour moi pas très gaie, entre les cours et l'unique présence d'individus masculins, et le week end, au final, c'est revenir pour entendre les gens crier, c'est revenir pour ne pas savoir quoi faire, parce que tout me dépasse, tout me donne mal au crâne, les cris comme le silence. C'est échanger un malheur contre un autre, au final. Je n'ai plus grand chose à lire, et cela aussi m'interpelle. J'ai tellement besoin de m'évader, de vivre autre chose qu'un quotidien trop quotidien.
    Au final, j'ai l'impression de devoir me réfugier dans le sommeil. Je dors, je dors, je dors. Quand je ne me torture pas la tête, par une sorte de plaisir masochiste qui m'est délectable, je dors. C'est une autre solution pour perdre pied face à la réalité, vivre au ralenti comme on se meut dans l'eau. Même si en vérité, je déteste me baigner.

    Il faut avouer quand même que la semaine je dors peu. Ambiance de l'internat, mais, ça manque de douceur, là bas, ça manque de sensibilité. Population masculine, bien évidemment, là est la cause. Là bas, ce n'est pas tendu, mais presque. Ca se violente, même pour rire, mais ça se violente. Ca se parle parfois méchamment, et dans la bouche de certains, la blague prend parfois une odeur de mépris profond. Là bas, ça pue presque la vanité, le faux semblant. De derrière les yeux de certains je vois suinter la connerie comme le pus qui remonte d'une blessure. Là bas, c'est le jeu de celui qui s'imposera comme le chef, c'est le jeu des dominants, des dominés, des autonomes et des souffres douleur. Certains n'ont pas vraiment de respect pour l'espace et le matériel des autres (il est toujours joyeux de rentrer à l'internat pour apprendre que durant votre absence votre matelas à fait quelques migrations hivernales à travers le couloir et s'est paré de deux taches de sang bizarroides qui à votre sovenir n'est pas le votre), certains oublie qu'ils sont en communauté. C'est à celui qui jouera le plus de mesquinerie pour avoir une douche : lorsqu'on doit la laisser, on est quelqu'un de normal, et aucun remerciement ne vous est donné; lorsqu'on attend depuis 15 minutes pour l'avoir et qu'on la prend légitimement devant l'oeil de celui qui est arrivé il y a deux minutes trente, on est un infâme enculé qui merite le mépris le plus profond. Lorsque certains attendent les plus lent, c'est toujours avec cet air de leader détaché et insultant, ce petit esprit de branleur aussi méprisable que méprisant. Lorsqu'ils appellent les gens, c'est toujours sans un s'il te plait, rarement avec un merci : pour appeler ses "congénères" (si tant est que ces messieurs qui se prennent pour des grands les considèrent comme des égaux), on siffle, on dit "X, à la papatte!", on appelle. Pour quoi que ce soit qui revêt un semblant de victoire, c'est toujours en rajoutant un rictus de salopard qu'on s'esclaffe, ventripotent : "Pan, dans ta gueule" (sous entendu : "c'est moi le chef, petite merde insignifiante"). On n'hésite pas à faire remarquer aux autres qu'ils sont useless, à ocuper leur bureau comme si c'était le dépotoir publique, à piller la nourriture qu'un autre vient à peine de sortir, et dont il ne profitera pas parce qu'il a eu l'horrible et honteuse audace de s'assoupir cinq petites minutes. En réalité, c'est une loi non pas de la jungle, où l'on cherche à survivre, ce n'est même pas la loi du plus fort où l'on se bat pou garder ce qu'on a, non. C'est plutôt la loi du serpent, la loi du persiffleur, la loi du mépris, où apparemment, c'est au plus méprisant qu'on accorde le plus de respect.
   
    C'est masculin, je suppose. Ce n'est pas tellement en réalité le genre humain que je n'aime pas, mais plutôt sa branche testiculaire. Je me suis toujours mieux entendu avec la gente féminine. Peut-être parce que, naivement, je continue de la voir comme l'emblême de la douceur et de la sensibilité. J'ai toujours trouvé ces demoiselles plus sensibles à l'art, plus sensibles aux sons, aux odeurs, aux sens. Elles me semblent bien plus douce, et quand la mesquinerie s'empare d'elles, pour les plus dangereuses, c'est toujours avec de l'esprit. Ce n'est pas cette vanité vulgaire et bornée, comme taillée au burin dans du bois pourris. Non, même dans les défauts des femmes, il y a toujours cette part de volatilité qui les rendent belles. Elles me semblent plus compréhensives, bien plus gentilles. Elles ne me semblent pas porter le mal dans leur coeur. Elles me semblent dansantes, comme un parfum, comme un souvenir. Elles aparaissent, elles repartent, et elles changent tout.

    Je dois délirer. Je dois délirer de me dire que j'ai le mauvais esprit dans la mauvaise époque, sans doute. Mais il est clair que passer la semaine avec l'horreur masculine pour revenir le week end et me retrouver seul face à la réalité — et à moi même, ce qui est bien plus effrayant parfois — cela ne me réussis pas. Me donne seulement l'envie de dormir et de m'échapper. Et m'enlève la force de créer, souvent.

    M'enfin, Maud, je sais que ce charabia te parait une bien longue route vers ce que je t'ai promis, donc le voilà, le poème de gare !

Il est un homme qui marche dans un désert.
Sous ses pieds se confondent la neige et la glace,
Et si la neige ne fond quand la chaleur passe
C'est qu'il est seul, et gèle son atmosphère.

Le sable sous ses pieds des gouffres a ouvert
Et à chaque pas qu'il fait, c'est le temps qui passe.
Alors, le sable et le soleil, que rien n'efface,
Brûlent les plaies sur son corps découvert.

Il s'interroge : "Hélas, quand viendra l'hiver
Avec sa neige? Que le froid grand bien me fasse!
Il me semble que je meurt sous l'astre solaire!"

Ah, l'esprit de ces hommes parfois me dépasse:
Il se veut d'un été aussi dur que l'hiver
Et d'un échange raccourcir son temps sur terre.


Tableau : Bureaucrate moyen atmosphérocéphale dans l'attitude de traire du lait d'une harpe crânienne - Salvador Sali

EDIT : Je voudrais m'excuser en fait pour les commentaires que j'ai fait sur l'internat. Ayant écris cela sous un accès de colère enchérit de quelques coups de blues et autres nouvelles joyeuse, j'ai fait la faute ignoble de généralisé à tout l'internat le grand nombre de chose que je ne reproche vraiment qu'à une seule personne que je ne nommerai pas, tout d'abord par lâcheté, puis ensuite parce qu'il ne viendra jamais ici je l'espère (l'idée qu'il franchisse l'netrée de cette grotte m'est insupportable, il ne comprendrait pas) et enfin parce que vous ne le connaissez pas, et que cela ne servira en rien. Cédant au second démon, celui de la flemme d'avoir à tout réécrire, je veux juste m'excuser pour réhabiliter les quelques 11 autres personnes accusées ici à tort alors qu'elles n'y sont pour rien. Dieu les garde.

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04 novembre 2008

La boue et le plomb


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Galatea_aux_sph_res 


  Je dormais. J'ai l'impression de dormir encore, mais je sais qu'à l'instant même où je me le dis, c'est que je ne dors plus, malgré mes yeux fermés. Je vois quelque chose de rouge et d'orangé, de luisant, dans les ténèbres de la cécité monmentanée que m'offre la somnolence. Dehors, il doit faire jour, sans doute. C'est le matin, je suppose.
    J'ai fait un rêve, un rêve dans lequel j'écrivais des lignes, pour une jeune fille. Pas n'importe laquelle. Pour une jeune fille qui m'occupe souvent l'esprit, quand j'ai un moment à moi. Pour une jeune fille qui me ravit le coeur quand ses mots touchent mes yeux, quand sa voix frappe mon oreille. Cela fait un certains temps, déjà, qu'elle me l'a ravit, mon coeur, et qu'elle l'a emporté avec elle.
    Mais chez moi, les coeurs repoussent, si ils sont tout entier arraché. Mon corps semble mut de ce n-ième sens qui est celui de sentir si oui ou non, un de mes anciens coeurs est encore là. Si il en reste un peu, ou si il est encore trop tôt ou trop près, rien ne repousse, tout devient stérile. Non, il faut qu'il me soit arraché complètement pour qu'il repousse. Ou alors, il faut m'en donner un nouveau.
    Pour l'instant, le coeur m'a été arraché depuis trop peu de temps. Et il est toujours trop près. Aucun coeur ne m'a été redonné en échange, je crois. Rien ne repousse pour l'instant.
    Et pourtant, je rêvais qu'elle était là, un soir, à mes côtés, dans mes yeux, dans mes lèvres. Puis dans mes bras, dans mon corps tout entier.
    Et je ne veux pas r'ouvrir les yeux, car à ce moment précis, elle s'évanouira, elle partira, loin, très loin... Et avec mon coeur, proche, trop proche, pas assez loin pour qu'un cicatrice soit.
    Je ne veux pas r'ouvrir les yeux. Je veux encore rêver, encore dormir.
    Et ma tête qui lutte. Et mon esprit qui se bat. Et mon corps qui lutte. Et ma volonté qui cède.

    Flash blanc, les paupières s'écartent, les yeux s'ouvrent. Les pupiles se rétrécissent, et peu à peu, je commence à entrevoir le plafond. Des raies de lumières viennent jouer avec la poussière qui virevolte devant moi, créant des petits murs lumineux et réguliers, parallèles.
    J'ose à peine me retourner pour voir qu'elle n'est pas là. Pourtant, il faudra bouger. Alors je passe mes mains sur mon visage, et...
    Quelque chose retient les drap, les tire. Je pivote. Je reste choqué.

    Elle est là.
    Et maintenant, tout me reviens en tête. Tout ce que j'ai vécu avec elle. Et elle est là. Ce matin, elle est là. Ce n'était peut-être pas un rêve.

    Elle rammène sur elle le drap. Je n'arrive pas à croire qu'elle est vraiment là. Je dois halluciner. Je dois devenir fou (fou d'elle, oui...). Je dois rêver à nouveau, c'est sûr. Je tend mon bras : il me tire, me lance, j'ai des fourmis dedans, tandis que le sang reprend peu à peu son cheminenement difficile dans mes veines. J'ai du m'endormir dessus. Je ne rêve pas.
    Je caresse son épaule, comme pour m'assurer qu'elle est bien réelle. Elle est plus douce que de la soie. Elle sent meilleur que n'importe quel parfum. Elle est plus lumineuse que le soleil. Elle m'éblouit. Sa peau est un peu froide, je la vois qui frissonne, et sourit, dans son sommeil. Son visage est celi d'un ange. L'étrange idée qu'elle serait le met le plus fin des anthropophage, puisqu'elle est si belle à croquer, m'envahit l'esprit, l'espace d'un instant. Moi aussi, j'aimerais la manger toute entière, comme la plus belle de toutes les douceurs, le meilleur de tous les délices, celui dont on a tous rêvé, étant enfant...
    Elle est belle, quand elle dort. Ses yeux s'offrent un peu de repos en ayant baissé les rideaux de ses paupières. Ses lèvres murmure en un souffle impercepible des mots qui ne sont destinés qu'aux fantômes et aux rêves. Des mots qu'elle même sans doute ignore. Et que je ne saurais pas. Peut-être sont-ils pour moi, qui sait...
    Ses cheveux dessinent un petit océan sur l'oreiller. Moi qui n'aime pas la mer, je donnerai n'importe quoi pour m'y noyer, dans celle-ci. C'est sans doute dans cette étendue que se cachent l'Eden, les îles au trésors, et celles aux enfants. C'est le lieu où naissent toutes les utopies, et où meurent toutes les injustices. C'est là que les choses les plus imaginaire existent. C'est dans ce monde qu'elle est à elle toute seule.
    C'est elle la vie. Un peu de la mienne aussi.

    Je me lève, m'approche de la fenêtre. Je n'ose pas ouvrir les rideaux, de peur de l'arracher à ses rêves. Je me contente de les entr'ouvrir, pour laisser mes yeux admirer l'aurore qui se termine.
    C'est fou tout ce qu'elle a opéré en moi. Toutes les tumeurs noire de mélancolie qu'elle a éxtrait. Toutes ces maladies comme la peur, la désolation, la tristesse... Elle a été ma panacée. Je ne vivais que par procuration, je n'étais pas doué pour vivre. Mais j'avais envie de vivre, même si c'était avec peine. J'avais appris à en tirer profit, à la dompter, presque. Puis elle est arrivé.
    Moi qui voulait créer de l'or à partir de la noirceur de ce qui m'entourait, j'ai tout d'abord suivit cette voie des alchimiste : j'ai voulu faire du plomb de l'or. Puis est arrivé Baudelaire, qui m'a appris que l'or pouvait aussi être fait avec de la boue. De la boue et du plomb. C'était ainsi que je voyais mon quotidien, parce que c'était ce que j'y cherchais : il me fallait beaucoup de boue, et beaucoup de plomb, pour m'exercer à faire de l'or. La boue et le plomb. Je ne jurai qu'ainsi.
    Puis elle est arrivée, et elle m'a ouvert les yeux : si avec la boue et le plomb, on peux faire de l'or, avec l'or, on peut faire des merveilles. C'est ce que sa joie de vivre m'a montré. Elle m'appris à faire des merveilles, elle m'a montré comme les faire. Puis elle m'a montré comment chercher l'or et le brillant dans le quotidien.
    Elle a tout changé en moi. Mais qui puis-je bien lui apporter, moi?
    Sans doute elle seule le sait, je suppose.

    Et tandis qu'elle ouvre doucement ses yeux, je n'oublie pas qu'aujourd'hui encore, je la remercierai pour cela.


   
Et un jour, peut-être n'aurais-je plus à rêver ces lignes pour les écrire...

    En attendant ce jour, je continuerai à ramasser la boue et à extraire le plomb.
    Il me reste encore tant de travail, pour avoir l'or...

Tableau : Galatéa aux Sphères - Salvador Dali

Posté par Dalivision à 23:03 - Scriboïdes - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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